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Les comités de pilotage multi-projets

Contenu

1. Les fonctions assurées par les comités de pilotage multi-projets

Un comité de pilotage multi-projets assure en général tout ou partie des fonctions suivantes.

Certaines de ces fonctions peuvent bien entendu être assurées par d'autres instances que le comité de pilotage. Il est donc nécessaire de définir le «périmètre d'intervention» du comité de pilotage et ses relations avec les autres instances de management des projets.

2. Les écueils à éviter

Les comités de pilotage se heurtent souvent à des difficultés pour exercer leurs fonctions. L'inventaire ci-dessous n'est bien sûr pas exhaustif.

Le zèle des néophytes

Souvent, au début, les organisations qui souhaitent «mettre sous contrôle» leurs projets sont trop ambitieuses et souhaitent piloter un grand nombre de projet. Ce nombre excède souvent la capacité de suivi du comité. Quelquefois ce sont les projets eux-mêmes qui sont trop nombreux ou qui nécessitent plus que les ressources disponibles.

Manque de visibilité du portefeuille de projets

Les comités de pilotage peinent souvent à obtenir la vision d'ensemble du portefeuille des projets dont ils ont besoin. Ce phénomène peut avoir plusieurs causes :

Hygiène de fonctionnement insuffisante

Manque de clarté des missions et de la répartition des responsabilités

Ce manque de clarté peut exister au niveau des missions du comité de pilotage lui-même (quel est son pouvoir de décision? Sa capacité d'action sur la disponibilité des ressources ?)

Il peut aussi se traduire par des missions imprécises confiées aux acteurs projets, des conflits non résolus entre acteurs projets et services opérationnels.

3. Quelques recommandations

Voici quelques idées issues de notre expérience et du simple bon sens – mais cependant pas toujours appliquées. Elles répondent en partie à la question « comment permettre au comité de fonctionner efficacement ».

Expliciter la mission et les fonctions du comité de pilotage

Bien entendu tous les comités n'exercent pas l'ensemble des fonctions énumérées au chapitre 2. Il est donc important de préciser celles qui lui incombent, pour faciliter à la fois son fonctionnement interne et ses relations avec les autres instances projet.

Définir et faire appliquer des règles du jeu pour le rendu compte

L'application de règles simples mais bien respectées conditionne le bon fonctionnement du comité de pilotage.

Elles concernent notamment le rythme et la forme des compte-rendus (présentation type), la nature des informations fournies (indicateurs), et aussi les validations préalables à la présentation au comité.

S'assurer d'une bonne instruction des dossiers avant le lancement des projets

Le lancement d'un projet officialise la décision de le mettre en oeuvre. Il est souvent associé à la désignation des principaux acteurs (commanditaire, chef de projet et équipe, comité technique, ...) et à la budgétisation ou à l'inscription à un plan annuel ou pluriannuel.

Ces opérations doivent être précédées d'études préliminaires sérieuses (au moins une étude d'opportunité). Le comité de pilotage peut y veiller en définissant et en faisant appliquer des règles dans ce domaine et en diffusant un grille de questions qui, pour tout projet, doivent trouver une réponse avant le lancement.

S'assurer d'un jalonnement efficace des projets

Le but est bien sûr de permettre au comité de jouer effectivement – le cas échéant – son rôle d'appui au commanditaire : lancer les projets mais aussi les arrêter ou les réorienter à temps.

Des jalons doivent être définis au lancement de chaque projet ; les informations à fournir lors des franchissement de jalons étant clairement définies, ainsi que la liste des questions à adresser.

Des listes de vérification – pouvant aussi être utilisées comme des grilles d'auto diagnostic – sont utiles.

Clarifier les axes politiques ou stratégiques

Dans la mesure où le comité a un rôle d'arbitrage entre les projets et d'allocation des ressources, il a besoin pour fonder ses choix de lignes directrices – soit qu'il les définisse lui-même, soit qu'il applique celles qui lui viennent de ses mandants. Dans les deux cas un effort d'explicitation est souvent nécessaire.

Ainsi ses décisions ne paraîtront arbitraires ni à lui-même ni à ceux qui en subissent les conséquences.

Définir et faire tenir à jour des indicateurs de gestion synthétiques

Pour évaluer les projets, rendre les arbitrages et allouer les ressources le comité a besoin d'indicateurs synthétiques et calculés de façon homogène.

L'état d'avancement des projets, leur niveau de risque résiduel, leur rentabilité prévisionnelle, les écarts prévus à l'achèvement en coûts et délais, les ressources consommées et restant à consommer, les coûts engagés et restant à engager, les performances obtenues ou prévisibles (caractérisant la qualité de la réponse aux besoins ou objectifs) en sont des exemples. Les consommations de ressources et les coûts sont bien sûr à mettre en regard des plans de charges et des budgets.

C'est donc tout un dispositif de gestion qu'il faut construire ou parfaire et, surtout, faire fonctionner.

Se doter d'un support efficace

Le comité a généralement besoin d'une assistance pour l'aider à formaliser les règles de fonctionnement, procédures et dispositifs déjà mentionnés et pour en assurer le suivi (préparer les dossiers, assurer le lien avec les chefs de projet, tenir à jour les indicateurs, etc.).

Didier Spaier